Ma vie est un grand milk-shake de rires, de mots et de maux. Plus de rires et de mots que de maux, ces temps-ci. Et je m'y complais. Je commence à comprendre que je n'ai pas tout entre mes mains, que certaines choses doivent arriver et qu'elles arriveront, sans que je puisse les retenir, ou les éloigner. Je pensais tenir ce qui m'entourait, je pensais me tenir. Un peu comme une ficelle. Quand on l'a, elle ne tombe plus. Et il m'a fallu dix-neuf ans pour comprendre cette ficelle, elle arrivait parfois à tomber. Qu'on arrivait pas toujours à la retenir. Autant en emporte le temps. Il s'enfuit. Parfois trop vite. D'ailleurs j'ai retrouvé deux cadrans de montre en rangeant des tasses. Ils appartenaient à ma Maman, quand elle était petite. Sans bracelet. Vieillis. L'un ne marche plus, l'autre est à remonter. Pourtant, je crois que ces deux petites choses, je les garderai longtemps. Autant en emporte le temps.